Pour être licite, une grève suppose des revendications professionnelles collectives dont l’employeur doit avoir connaissance au moment de l’arrêt de travail.
(Cour de cassation, chambre sociale, 15 avril 2026, n° 25-12.005)
Les faits
Trois salariés arrivent en retard sur site et refusent de prendre leur poste en se déclarant en grève. Reçus individuellement dans la foulée, l’un évoque une réclamation personnelle, un autre se dit solidaire sans revendication propre, le troisième ne formule rien.
Le troisième salarié est licencié pour faute grave et conteste son licenciement.
La solution
La Cour de cassation rejette son pourvoi. L’employeur n’avait pas eu connaissance de revendications professionnelles collectives au moment de l’arrêt de travail. Les réclamations exprimées après coup manquaient par ailleurs de caractère collectif. Les conditions légales de la grève n’étaient pas réunies.
Ce qu’il faut retenir
- La seule annonce verbale d’une grève ne suffit pas à déclencher la protection du salarié.
- L’employeur doit avoir été informé des revendications collectives au moment même de l’arrêt de travail.
- Face à un mouvement soudain, recevoir les salariés immédiatement et formaliser les échanges par écrit est indispensable pour sécuriser la suite.